Deux ans après son lancement, Manara Radio Télévision (MRTV) change d’échelle. Le média privé, lancé en avril 2024 à N’Djamena, ne se présente plus seulement comme une chaîne de télévision. Sa réorganisation autour de la télévision, de la radio et du numérique traduit une volonté de construire un dispositif capable de suivre les nouveaux modes de consommation de l’information au Tchad.
Le virage est intervenu à l’occasion du deuxième anniversaire du groupe, célébré le 15 avril 2026. MRTV a alors structuré ses activités autour de trois pôles : Manara TV pour les contenus audiovisuels, Manara FM 88.7 MHz pour la radio et Manara Web pour les activités numériques. Une évolution qui marque une nouvelle étape dans le développement du média porté par la Fondation Le Palmier pour la Bienfaisance.
Cette transformation répond à une évolution plus large du marché de l’information. Le téléspectateur n’attend plus nécessairement le journal télévisé pour accéder à l’actualité. Les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les supports mobiles occupent désormais une place croissante dans la circulation de l’information. Pour les médias, la question n’est donc plus seulement de produire des contenus, mais de pouvoir les distribuer rapidement sur plusieurs canaux.
Un modèle qui dépasse l’antenne
MRTV cherche à s’inscrire dans cette nouvelle configuration en développant une production destinée à différents supports. Aux journaux télévisés, reportages, magazines et interviews s’ajoutent des formats conçus pour le web et les réseaux sociaux.
Le média dispose notamment d’une présence sur Facebook, YouTube, TikTok, Instagram et X, ainsi que d’un site internet et d’une application mobile. La cellule digitale développe des directs, des vidéos courtes, des capsules d’information et des infographies.
Cette diversification permet à un même événement d’être traité sous plusieurs formats et diffusé sur différents supports. Elle modifie également le rôle des équipes éditoriales, désormais appelées à produire simultanément pour l’antenne, le web et les réseaux sociaux.
Le dispositif mobilise des journalistes, reporters d’images, présentateurs, producteurs, techniciens, monteurs, infographistes, rédacteurs web et community managers. L’organisation témoigne de cette évolution vers un fonctionnement davantage intégré.
La proximité comme autre axe de développement
La transformation de MRTV ne se limite cependant pas au numérique. Le groupe cherche également à élargir sa couverture géographique. Installé à N’Djamena, le média dispose d’une antenne relais à Amdjarass, dans la province de l’Ennedi-Est, et s’appuie sur des correspondants dans plusieurs provinces, notamment le Logone Occidental, le Logone Oriental, le Guéra, le Ouaddaï et l’Ennedi-Est.
Cette implantation doit permettre de produire davantage de contenus depuis les différentes régions du pays. Elle répond aussi à une logique éditoriale revendiquée par le média : donner davantage de place aux réalités locales, aux initiatives régionales et aux questions liées au développement.
La politique, l’économie, la société, la culture, le sport, la santé, l’éducation, les infrastructures, l’environnement et les finances publiques figurent ainsi parmi les domaines couverts par la rédaction.
Pour Ibrahim Mahamat Ibrahimi, directeur exécutif de MRTV, cette orientation doit permettre au média d’informer et de sensibiliser les populations tout en contribuant à mieux faire connaître le Tchad. Le groupe veut également mettre en avant la diversité culturelle du pays et les réalités de ses différentes régions.
Deux ans pour construire une identité
Lancée le 15 avril 2024, MRTV reste un acteur relativement récent du paysage audiovisuel tchadien. Son deuxième anniversaire constitue donc moins un aboutissement qu’une étape dans la construction de son modèle.
La réorganisation engagée en 2026 traduit une volonté de consolider les acquis des deux premières années tout en élargissant les sources de diffusion et les formats proposés au public. La télévision reste le socle historique du dispositif, mais elle est désormais associée à une radio et à un écosystème numérique.
Cette évolution pose également de nouveaux enjeux. Être présent sur plusieurs plateformes nécessite une production régulière, des compétences spécifiques et des investissements techniques. Il faut également parvenir à transformer la visibilité numérique en audience durable.
Pour MRTV, la prochaine étape sera donc moins celle de la création de nouveaux supports que celle de leur consolidation. L’enjeu sera de faire fonctionner ensemble télévision, radio et numérique, de renforcer la couverture du territoire et de fidéliser des audiences dont les habitudes évoluent rapidement.
Deux ans après son lancement, Manara Radio Télévision entre ainsi dans une phase différente de son développement. Le groupe ne cherche plus seulement à s’installer dans le paysage audiovisuel tchadien. Il tente désormais de construire un modèle de média intégré, capable de faire circuler ses contenus de l’antenne aux plateformes numériques et des grands centres urbains aux différentes régions du pays.











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