Vaccination, génétique, reproduction, alimentation, pâturages, données et performance économique : la troisième journée de l’atelier de réflexion sur l’amélioration des performances zootechniques des ranchs de la SODEPA a mis en lumière les leviers d’une transformation durable du modèle d’élevage.
De la santé animale à la performance
Les travaux de cette troisième journée ont démarré avec les restitutions des groupes de travail des ranchs de Ndokayo, Faro et Dumbo/Jakiri.
À Ndokayo, les échanges ont porté sur les procédures sanitaires applicables aux animaux malades. Le représentant de la CAPEF, Dr Adjelakara Mossus Jean Blaise de la Division de la Promotion Économique, a rappelé l’importance du constat de l’équipe sanitaire compétente, du rapport technique et du respect des autorisations requises avant toute opération de saisie ou d’abattage.
La vaccination a ensuite constitué l’un des principaux axes de réflexion. Calendrier vaccinal, maladies ciblées, valences et conditions d’administration ont été examinés. L’ambition présentée par le directeur de la Division de Production et Commercialisation (DPC), Dr Andu, est notamment d’atteindre une couverture vaccinale supérieure à 85 % et de ramener la mortalité de 13 % à moins de 5 %.
Génétique et reproduction : préparer le cheptel de demain
Au ranch de Dumbo, la reproduction et l’amélioration génétique ont occupé une place centrale.
Le Dr Kwenye, directeur dudit ranch, a mis en avant plusieurs facteurs déterminants : nutrition, santé animale, identification individuelle, traçabilité et collecte régulière des données.
L’âge au premier vêlage, l’intervalle entre les vêlages, la détection des chaleurs et le diagnostic de gestation constituent autant d’indicateurs indispensables au suivi des performances reproductives.
L’amélioration génétique doit également permettre d’agir sur la production de lait, la croissance, l’adaptation aux conditions climatiques et la résistance aux maladies.
À Dumbo, 467 vaches sont engagées dans un programme d’insémination artificielle prévu entre août et décembre 2026. Une expérience dont l’extension aux autres ranchs de la SODEPA a été encouragée.
« Une nouvelle ère » pour les ranchs
La modernisation de l’élevage a également été abordée à travers une communication intitulée « Une nouvelle ère », présentée en visioconférence par Charles Choupouognigni, ingénieur à l’Université de Suède.
Sélection des reproducteurs, maîtrise des croisements, adaptation aux fortes températures, résistance aux maladies, collecte des données et suivi-évaluation : plusieurs pistes ont été identifiées pour renforcer durablement la production de viande et de lait.
M. Denis Koukagna Koutou, le Directeur général de la SODEPA a appelé à apporter des réponses concrètes aux contraintes liées notamment aux ressources humaines, à l’alimentation animale, aux infrastructures et à l’organisation du travail.
Mieux collecter les données pour mieux décider
La performance passe également par la qualité de l’information.
M. Kameni Marcel, attaché chargé du suivi et du contrôle de gestion à la SODEPA, a insisté sur la nécessité de disposer quotidiennement de données fiables sur les activités des ranchs. Le Directeur général M. Koukagna, a pour sa part, interpellé les responsables sur plusieurs aspects des opérations du PIISAH, notamment l’alimentation des veaux au biberon et la durée de la lactation.
L’orientation est claire : mieux collecter, mieux analyser et mieux exploiter les données pour améliorer la prise de décision.
Produire davantage, mais aussi mieux valoriser
La dimension économique a été abordée à travers la présentation du Directeur administratif et financier (DAF), M. Do’o Gustave, sur l’évolution du chiffre d’affaires et de la masse salariale.
Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer la discipline de gestion et d’installer une véritable culture du résultat.
Le Directeur général a invité les responsables des ranchs à identifier les recettes générées, les sources de déperdition et les marges d’amélioration du chiffre d’affaires.
Réduction des pertes, restructuration des campements, formation des bergers, amélioration de la qualité des animaux destinés aux boucheries et meilleure maîtrise des recettes figurent parmi les pistes retenues.
Pâturages et alimentation : les bases de la productivité
La gestion durable des pâturages a constitué un autre temps fort.
M. Édouard Pouachouwang, chef de service d’aménagement et du pâturage, par ailleurs ingénieur-écologue à la SODEPA, a présenté les principes de gestion des espaces pastoraux, notamment la relation entre superficie disponible et charge animale.
Rotation des pâturages, mise au repos des espaces, lutte contre les espèces envahissantes et toxiques et conservation des fourrages ont été identifiées comme des pratiques à renforcer.
Le Directeur général a appelé à accroître la production de fourrage vert et sec, afin de sécuriser l’alimentation du cheptel, tout en renforçant la maîtrise de l’hydraulique pastorale.
Cette orientation s’inscrit dans la volonté de la SODEPA de développer des pratiques d’élevage intégrant les techniques modernes et de renforcer la production fourragère.
Dernière ligne droite avant les recommandations
En fin de journée, de nouveaux groupes de travail ont été constitués autour de plusieurs problématiques : préparation de la saison sèche, prévention des feux de brousse et feux pastoraux, gestion des plantes toxiques et envahissantes, intoxications alimentaires et compléments nutritionnels.
La journée s’est achevée par la projection d’images du site d’Afanloum, permettant aux participants de suivre l’évolution des travaux réalisés sur le site et celle des animaux.
Les conclusions des groupes seront présentées à l’ouverture de la quatrième et dernière journée de l’atelier.
Produire plus, mieux et durablement
Au terme de cette troisième journée, une même ligne directrice se dégage : faire converger santé animale, génétique, reproduction, alimentation, gestion des pâturages, données et performance économique.
L’objectif est désormais de transformer les réflexions techniques en recommandations opérationnelles et mesurables, capables de réduire les pertes, d’améliorer la productivité et de renforcer durablement les performances des ranchs de la SODEPA.
