Réunis le 13 mai 2026 à Dubaï, les conseils d’administration de CSTAR Petroleum, CSTAR Refinery et CSTAR Tank Farm ont tenu leurs sessions statutaires. Les trois actionnaires du projet, (la Société Nationale des Hydrocarbures, Tradex et le Consortium Ariana Energy) ont examiné l’état d’avancement des chantiers, validé les budgets et adopté des résolutions engageant les prochaines étapes de la construction du complexe pétrolier de Mboro, dans la zone industrielle de Kribi.
Le Cameroun ne raffine pas encore à la hauteur de ses ambitions. Avec une seule raffinerie opérationnelle (la SONARA de Limbé, lourdement sinistrée depuis l’incendie de 2019) le pays importe l’essentiel de ses produits pétroliers raffinés, une situation qui pèse sur la balance commerciale et expose l’économie nationale aux fluctuations des marchés internationaux. C’est précisément dans ce contexte que le projet CSTAR prend tout son sens.
Les sessions des conseils d’administration tenus le 13 mai 2026 à Dubaï ont permis de mesurer le chemin parcouru. Le projet, dont le périmètre couvre une raffinerie, un dépôt de stockage et des installations connexes sur le site de Mboro à Kribi, avance sur plusieurs fronts simultanément : fabrication de composants à l’étranger, travaux de construction au Cameroun, bouclage des mécanismes de financement. La réunion de Dubaï a notamment permis aux administrateurs de valider les budgets et d’examiner les contrats structurants liés à chaque composante.
Le financement reste l’enjeu central de tout projet industriel de cette envergure. La présence d’Abakal Mahamat, Directeur Général de BGFIBank Cameroun, à ces travaux, n’est pas anodine. Il a réitéré la mobilisation d’un consortium de banques locales aux côtés du groupe BGFI, l’un des premiers acteurs bancaires d’Afrique centrale. Cette implication du secteur bancaire régional est déterminante : elle signifie que le financement ne repose pas exclusivement sur des capitaux extérieurs, ce qui renforce la crédibilité et la résilience du montage financier global.
Plus significatif encore, le communiqué évoque le soutien du Gouvernorat de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et de plusieurs analystes pétroliers, qui qualifient unanimement le projet de « catalyseur industriel » pour le Cameroun et la sous-région Afrique centrale. Une telle convergence d’opinions entre acteurs monétaires et opérateurs du secteur pétrolier constitue un indicateur de confiance rare, qui ne s’invente pas.
Sur le plan stratégique, CSTAR s’inscrit dans une logique de montée en puissance de la chaîne de valeur pétrolière nationale. Disposer d’une capacité de raffinage locale, couplée à des infrastructures de stockage, permettrait au Cameroun de sécuriser ses approvisionnements, de réduire sa dépendance aux importations de produits finis et, à terme, de se positionner comme hub énergétique sous-régional, une ambition que Kribi, avec son port en eaux profondes, rend techniquement crédible.
La prochaine étape sera décisive : les partenaires se sont donné rendez-vous directement sur les chantiers, ce qui suggère que la phase opérationnelle s’accélère. Pour le Cameroun, chaque jalon franchi par CSTAR est un pas de plus vers une indépendance énergétique longtemps différée.
