Carburant plus disponible, prix potentiellement stabilisés, économies en devises. La future raffinerie de Kribi aura des répercussions directes sur le portefeuille des Camerounais.
Chaque année, le Cameroun dépense des centaines de millions de dollars pour importer des carburants raffinés à l’étranger, alors même qu’il extrait du pétrole brut de son propre sous-sol. C’est cette équation absurde que le projet Cstar entend résoudre. Et ses retombées ne concernent pas uniquement les technocrates de la SNH ou les investisseurs du consortium RCG. Elles toucheront directement le quotidien de millions de Camerounais.
Moins de pénuries à la pompe
L’une des conséquences les plus visibles pour le consommateur sera la disponibilité permanente des carburants. Le pays connaît régulièrement des ruptures d’approvisionnement liées aux aléas des importations : retards de livraison, tensions sur le marché international, problèmes logistiques.
Avec un terminal de stockage stratégique d’une capacité de 250 000 à 300 000 mètres cubes installé à Kribi, le Cameroun disposera d’un matelas de sécurité suffisant pour absorber ces chocs. Gasoil, essence, jet A1, kérosène et fuel lourd seront stockés en quantités suffisantes pour garantir la continuité de l’approvisionnement.
Une pression à la baisse sur les prix
Le raffinage local supprime une partie des coûts liés à l’importation : fret maritime, assurances, marges des intermédiaires étrangers. En produisant ses propres carburants à partir du brut extrait localement, le Cameroun réduit mécaniquement sa facture énergétique. Les promoteurs du projet tablent sur une réduction de 30% des importations de produits finis dès la mise en service commerciale de la raffinerie en 2028, soit une économie estimée à 750 millions de dollars. Une partie de ces gains pourrait, à terme, se répercuter sur les prix à la pompe ou alléger la charge des subventions supportée par l’État.
Un effet d’entraînement sur l’économie locale
Au-delà du consommateur, c’est toute la chaîne économique qui sera impactée. Les transporteurs, premiers consommateurs de gasoil du pays, bénéficieront d’un approvisionnement plus stable. Les coûts de transport, qui pèsent sur le prix final de nombreux produits de consommation courante, pourraient s’en trouver allégés. Les secteurs de la pêche, de l’agriculture et de l’industrie, grands consommateurs de carburant, sont également concernés.
La raffinerie, dont la construction avance avec 80% des études d’ingénierie déjà bouclées, est attendue pour 2028. D’ici là, le Cameroun continue de payer le prix de décennies de retard dans la valorisation de ses ressources pétrolières.
