1) De l’église à la rébellion ; 2) de la rebellion au gouvernement ; 3) du gouvernement (de nouveau) à la rébellion et 4) de la rébellion (encore et toujours) à la CPI (ou CPS) ?, il faut s’appeler Armel Sayo pour présenter une carte de visite aussi surprenante
C’EST UN CHEF DE GUERRE comme il en existe en nombre dans ce pays à la merci des fous prétentieux rêvant la présidence de la République, au moyen d’un coup de sang (coup d’état). Mais son cas est atypique, il a commencé à écrire son histoire affreuse en lettre de sang en 2013 au détriment des populations innocentes de Kouki, dans la sous-préfecture de Markouda. Des nombreuses populations civiles trouvèrent la mort gratuite après le passage de ses hommes ; il était alors à la tête d’un groupe de jeunes ivres de sang humain appelé Comité Militaire pour le Salut et le Redressement (CMSPR).
Le pays, à cette époque, traversait une transition politique conduite par Madame Samba Panza. L’autorité de cette dernière se limitait exclusivement à Bangui et l’arrière-pays sous la coupe réglée des groupes armés dont celui Armel Sayo.
L’élection de Faustin Archange Touadéra met un terme à cette transition en 2016; et le nouveau Chef de l’Etat mise sur la réconciliation de tous les fils et filles du pays, d’où les « Accords de Khartoum » réunissant une quinzaine de groupes rebelles. Présent lors de la signature de ces accords, Armel Sayo est récompensé par un poste ministériel (Jeunesse et de Sports) ; le mec troque alors sa tenue de rebelle broussard au profit d’un costume de ministre, avec tout le confort qui va avec.
Il ne manque jamais l’occasion de se vanter de porter un passeport français (n°19PK9479)
Moins de deux années, L’ancien basketteur (à qui on promettait une bonne carrière) perd son poste; et son train de vie princier prend un grand coup. Il retombe en brousse, réorganise certains de ses fidèles; multiplie des chantages en brandissant à qui veut voir son passeport français et ses soutiens issus des réseaux mafieux qui font penser à des sinistres mémoires que sont Jacques Foccart et Bob Denard…
Pour le calmer, on le nomme à la tête de la JPN (Jeunesse pionnière nationale), un poste qui équivaut à un sous-ministre, aussitôt installé, l’imposteur pasteur (l’église Christ-Roi) reprend son train de vie princier (toujours titré à quatre épingle); sauf qu’on a on vite constaté qu’un demi-milliard de franc CFA est porté disparu de ce côté-là.
Invincible pendant un bon bout de temps, le faux pasteur (comme ça pilule dans les églises) réapparait de temps en temps sur les réseaux sociaux ; où il promet clairement de prendre le pouvoir, à Bangui, par la force non sans s’en prendre vertement à des forces alliées (Russes et Rwandais) qu’il qualifie de tous les noms d’oiseaux.
L’erreur fatale de sa vie : se retrouver au Cameroun
C’est facile de prendre une Camerounaise pour femme (ce qu’il a fait) mais c’est bête de croire qu’on peut porter l’étiquette d’un chef de guerre sanguinaire et menacer régulièrement l’ordre constitutionnel d’un pays étranger et s’installer tranquillement au Cameroun ; ce pays n’est pas le Tchad qui a été plusieurs fois le passage obligé des rebelles qui ont mené des coups d’Etat en Centrafrique.
Les éléments de sécurité de la police camerounaise l’ont cueilli comme un fruit mûr ; et les vidéos le montrant menotté dans un commissariat à Douala font rire tout le monde dans des bistrots de Bangui. Son dossier judiciaire est assez lourd et un seul aspect lui vaut la destination de la Cour pénale internationale (CPI) : il est accusé entre autres de « crimes de guerre, implication dans des massacres, déplacements forcés et violences sexuelles commis entre 2013 et 2014. »
De l’église à la rébellion, de la rébellion au gouvernement, du gouvernement (de nouveau) à la rébellion et de la rébellion à la CPI (ou CPS), voilà le parcours atypique d’un enfant gâté.