Présentation du projet Compact Énergétique du Cameroun à Washington.

Gaston Eloundou Essomba ministre de l’eau et de l’énergie.

Le 23 avril à Washington D.C. le Cameroun a franchi une nouvelle étape décisive dans sa stratégie de développement énergétique. À l’occasion des Assemblées de Printemps du groupe de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston ÉLOUNDOU ESSOMBA, a présenté le projet de Compact Énergétique de la République du Cameroun, une initiative structurante inscrite dans le cadre de l’initiative continentale « Mission 300 ». C’était en présence de Louis Paul MOTAZE, Ministre des Finances.

Ce projet ambitieux, fruit d’une démarche collaborative entre les institutions nationales et les partenaires techniques, s’aligne sur l’objectif stratégique du pays : garantir l’accès universel à une énergie fiable, durable et abordable à l’horizon 2030, conformément à la Stratégie Nationale de Développement (SND30).

À travers cette intervention, le Cameroun a présenté son Pacte énergétique national, un engagement structurant dans le cadre de l’initiative « Mission 300 », qui vise à connecter 300 millions d’Africains à une énergie propre et abordable d’ici 2030. Le Cameroun fait partie des pays sélectionnés, et son Compact est en cours de validation pour permettre un démarrage des financements dès 2026.

Le document a été particulièrement salué par les partenaires techniques et financiers pour :

• la clarté de la vision à l’horizon 2030 (taux d’électrification visé : 109 %),

• la qualité technique du travail de formulation,

• la cohérence entre les réformes proposées et les besoins réels du secteur.

Ce Pacte prévoit l’électrification de 8 millions de personnes supplémentaires et repose sur 5 piliers :

1. Modernisation des infrastructures énergétiques

Le pays s’engage à réhabiliter et étendre les capacités de production, de transport et de distribution, en privilégiant des solutions techniques à faible coût. Une loi révisée sur l’électricité, un Plan Directeur de l’électricité, et une politique tarifaire différenciée sont en cours d’élaboration pour soutenir cette dynamique.

2. Intégration énergétique régionale

Le Compact mise sur les interconnexions avec les pays voisins (Tchad, Nigéria, Congo, RCA, Gabon), soutenues par le PEAC et le WAPP, afin de faire du Cameroun un carrefour énergétique sous-régional.

3. Électrification décentralisée et énergies renouvelables

Le projet prévoit le développement des mini-réseaux, la promotion de la cuisson propre, et l’adoption d’un cadre réglementaire pour les opérateurs privés, avec pour objectif de porter l’accès rural à l’électricité de 40 % à un niveau équitable avec les zones urbaines (91 %).

4. Mobilisation du secteur privé et des financements innovants.

Le Cameroun entend mobiliser plus de 12 milliards de dollars US d’ici 2030 pour transformer le secteur, en combinant investissements publics, partenariats public-privé, prêts concessionnels et subventions.

5. Redressement financier du secteur

Enfin, le Compact propose des mesures concrètes pour restaurer la viabilité financière du secteur électrique : restructuration d’ENEO, amélioration du rendement de distribution, recouvrement des créances publiques et élargissement de la base clientèle industrielle.

Une vision claire, des résultats concrets attendus

Depuis 2020, le taux d’accès à l’électricité est passé de 65 % à 74 %, grâce à des projets phares comme Nachtigal. Mais les déséquilibres entre zones rurales et urbaines, les pertes techniques (28 %), et les contraintes de financement freinent encore la transformation du secteur.

Dans sa présentation, le Ministre ÉLOUNDOU ESSOMBA a réaffirmé la volonté du Cameroun de collaborer étroitement avec ses partenaires pour faire évoluer ce projet de Compact vers un cadre opérationnel cohérent et durable. Il a salué l’initiative « Mission 300 », à laquelle le pays est partie prenante via la Déclaration de Dar es Salam, et a invité les bailleurs à s’approprier la vision camerounaise pour un avenir énergétique inclusif et résilient.

« Ce projet de Compact n’est pas une simple intention. Il est l’expression d’un choix stratégique, d’un leadership assumé et d’un engagement concret en faveur du progrès partagé », a conclu le Ministre.

Le Cameroun ne nie pas ses défis (déséquilibres urbain/rural, pertes techniques, fragilité financière…), il est engagé sur la voie des réformes et traite ses difficultés avec méthode.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *