C’est urgent pour ce parti politique dont l’image est associée à la rébellion armée et coup d’État de revenir aux fondamentaux démocratiques en prenant part aux prochaines élections.

Il faut avoir une bonne dose de courage et de conviction pour se réclamer ouvertement du Kwa Na Kwa (KNK), le parti politique créé par l’ancien chef de l’Etat François Bozizé ; même les T-shirt aux couleurs et effigie de cette formation politique ont complétement disparu de la scène publique.
Ses militants font, soit profil bas en se cachant, soit démissionnent pour aller grossir les rangs des autres formations politiques, plus particulièrement le Mouvement des Cœurs Unis (MCU).
Difficile de rencontrer un Centrafricain défier publiquement la honte et l’humiliation en s’affichant comme un militant du KNK dont l’image est étroitement liée à la rébellion armée et coups d’Etat dans ce contexte où la démocratie devient la tasse de thé des gens civilisés.
Qui dit KNK dit Bozizé, or l’ancien président putschiste a choisi de marquer à sa façon l’histoire de son pays par de nombreux sinistres faits d’armes : rébellions armées et coups d’Etat (manqué ou réussi). Son dernier coup tordu remonte à décembre 2020 avec la « nébuleuse » CPC ; les éléments armés de cet autre groupe rebelle qu’il coordonne sans état d’âme étaient aux portes de la capitale, l’objectif était clair : renverser l’ordre constitutionnel et prendre le pouvoir par la force…comme il avait déjà fait par le passé en chassant Ange Félix Patassé du pouvoir légitime en mars 2003. Heureusement que les militaires Russes veillaient au grain ; et la démocratie résista. Il s’était trompé d’époque : nous ne sommes plus à l’époque des barracuda et consorts.
Après l’échec de ce coup d’État, des militants démocrates du KNK avaient vigoureusement désapprouvé ce nouveau coup de sang de leur président et certains n’avaient eu leur salut que de quitter clandestinement en masse le pays. Voilà quatre bonnes années que ses cadres fanatiques se cachent, toute honte bue. Pendant ce temps, en dehors de Bozizé qui est sous le feu de l’actualité judiciaire, tous ces hauts cadres étaient sans nouvelles fiables, jusqu’à la semaine dernière.
Christian Guenebem, ( Photo, porte-parole ou président ?) est enfin sorti de son trou de cachette pour accorder une interview à notre confrère Fernand Koéna de Ndéké Luka… De cette interview, on retient que le KNK « garderait intact la plupart de ses nombreux militants… » ; c’est une bonne chose pour la démocratie si cela est vrai, mais il ne nous dit malheureusement pas où ces militants se réunissent et ce qu’ils pensent de cette image guerrière et sauvage qui colle à leur formation politique qui a pourtant dirigé le pays pendant dix années, avec un « bilan désastreux ».
Toujours au cours de cette interview, il fait part de sa volonté de rentrer au pays. Nous sommes parfaitement d’accord avec lui et souhaitons ce retour dans le plus bref délai ; dans la mesure où ce serait l’unique occasion pour lui de réorganiser le parti, mobiliser les militants (en tout cas ce qui en reste) et mesurer d’abord sa force sur tout le territoire national lors des prochaines élections de proximité (municipales).
Le parti récupérerait alors l’espace laissé par nos amis du BRDC qui persiste dans le refus de prendre part aux compétitions démocratiques à travers les élections (municipales, législatives, sénatoriales et présidentielle) prévues l’année prochaine.