Sport. Centrafrique : Dologuélé verse les larmes devant le 9-0 pris au Maroc

Certains n’ont pas encore digéré la défaite humiliante des Fauves, seul élément fédérateur des Centrafricains.

L’équipe nationale, affectueusement appelée Fauves de Basoubangui, est orpheline de son stade ; et le public centrafricain, lui aussi, sevré des matchs internationaux. Le « Complexe omnisports 20 mille places » étant suspendu par la CAF pour ses installations ne répondant plus aux normes internationales. Les Fauves ont encore deux rencontres à négocier, mais il faut un miracle pour les voir à la prochaine CAN, prévue au Maroc. Il lui faut gagner tous ces deux prochains matchs en espérant que le Gabon perde les siens. Ç’est ce volet sportif qui intéresserait beaucoup plus les Centrafricains de tous bords, car les Fauves Basoubangui sont le seul élément fédérateur pour les fils et filles de ce pays profondément divisés pour des raisons multiples.

Y a-t-il un Centrafricain qui n’aime pas cette équipe ?

NON on a vu toute la classe politique se lever comme un seul homme derrière l’équipe lors de son dernier match qui lui ouvrait la porte de qualification pour la CAN en Côte d’Ivoire. Délocalisé à Douala, le Chef de l’Etat s’était déplacé pour encourager les joueurs en assistant à la rencontre à partir des tribunes. A Bangui des leaders politiques et de la société civile étaient tous en maillot de l’équipe nationale ; les Dologuélé, Sarandji, Lakosso, Ngrebada, Dondra…arboraient chacun fièrement de son côté le maillot de l’équipe nationale; certains comme Ziguélé se prenaient même en photo en faisant le signe V.

Quand elle perd, voit-on la même déception et/ou compassion chez tout le monde ?

OUI mais pour des raisons différentes.

Les hommes politiques ont leur logique qui n’est pas celle d’un simple supporter de Gobongo. En allant jusqu’à Douala pour suivre les Fauves, Touadéra avait ses propres calculs : une victoire et une première qualification longtemps recherchée de la République centrafricaine à la CAN serait grandement capitalisée ; les militants du MCU crieraient alors avec emphase : « nous sommes enfin qualifiés pour la première fois à une CAN, grâce à notre champion.» Un argument qu’ils n’hésiteraient pas à brandir en temps d’élection.

En revanche l’opposition voit dans la défaite un tremplin pour dire tout le mal qu’elle porte au régime qu’elle accuse de « mauvaise gouvernance ». Après les défaites humiliantes des Fauves au Maroc, c’est Dologuélé, le leader de cette opposition politique qui sort en premier une flèche à l’endroit de ses adversaires au pouvoir. Comme à son habitude, l’homme de « kota coup » est allé puiser dans un vocabulaire lyrique (…) « Les Fauves. Des garçons engagés et combattifs, qui évoluent sans moyens, pas de stade homologué depuis 8 ans, billets d’avion pris à crédit, primes payés très en retard, la priorité n’étant réservée qu’aux voyages présidentiels. La jeunesse ? Le dernier souci du Gouvernement »

Qui pour essuyer ses larmes ? Les supporters. On attend ce à quoi va ressembler la réaction des « grands » communicants du MCU.

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