La Cour pénale internationale, la Cour pénale spéciale et le Chef d’État, même combat contre les traumatismes psychologiques…

La situation de la santé mentale est alarmante en République centrafricaine ; on dénombre plus de « 300 malades mentaux » errant dans la capitale et ses environs.
Ce constat traduit à lui seul les ravages provoqués par ces nombreuses années de violences politico-militaires qu’a connues le pays à partir de 2003.
Un atelier de « sensibilisation du système judiciaire et des institutions sur la nécessité de renforcer la prise en charge des traumatismes psychologiques » organisé les 11 et 12 octobre par le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de Bangui et du greffe de la Cour pénale spéciale (CPS) tombe à pic. L’ouverture des travaux de cet atelier, présidée par le Chef de l’Etat en personne (accompagné du Vice-président du Parlement, du Premier ministre et du ministre de la Santé) a donné non seulement tout son sens au thème mondial qui invite à mettre plus d’emphase sur la santé dans le milieu du travail ; mais montre ô combien le niveau d’engagement politique de faire de la question de la protection des droits humains et de la dignité des personnes l’une des plus hautes priorités dans le cadre de la politique de développement social.
Mme Flora SAMBA, psychologue clinicienne, experte auprès de la Cour Pénale Spéciale, marraine et présidente de l’organisation s’est chargée d’inviter les participants à « prêter attention » à la santé mentale et aux victimes du traumatisme en abordant le sujet relatif au traumatisme comme une « préoccupation majeure.» ; et ce sous le contrôle de Sonia Robla, cheffe du Bureau de la Cour pénale internationale à Bangui, laquelle lui a immédiatement emboîté le pas par une assurance : la CPI est déjà engagée dans de différentes manières dans l’accompagnement des institutions dans la prise en charge des traumatismes.

Au nombre des engagements, celui de rapprocher la justice des victimes par des actions de grandes envergures telles que : les actions particulières psychosociales, le rôle de droits dans la manifestation de la vérité, un environnement propice aux victimes pour garantir un soutien optimal et l’exploration des techniques innovantes.
Au cours des travaux en commission, les participants, venus de différents corps de métier dont les Forces de Défense et de Sécurité ont partagé leurs expériences et leurs difficultés, portées par Mme Ghyslaine Yangongo, Général de brigade de l’Armée de l’air et partagées par le Général Senga, Directeur de l’Ecole de Police.
Ces derniers ont bien voulu mentionné que dans l’exercice de leur profession, les militaires et les policiers sont exposés aux traumatismes suite à la perte d’un frère d’arme sur le front ou à une agression grave sur le théâtre de l’opération de maintien de l’ordre entre autres risques du métier.
Au cours de la prestation des autres participants, la tendance générale qui s’est dégagée reste la nécessité de renforcer la prise en charge du traumatisme partout et bien évidemment dans le système judiciaire et des institutions de la République.
Pendant son intervention, Michel Louanga, président de la Cour Pénale Spéciale (CPS) est allé tout droit au but en mettant en exergue « la nécessité de renforcer la prise en charge du traumatisme psychologique dans le système judiciaire. » Il sait de quoi il parle car au sortir d’une longue période trouble, jonchée par tant de crimes, le pays ne peut que « miser sur une justice équitable et lutter contre l’impunité ; car après des événements douloureux, il est important de travailler avec les ressources locales à travers une approche coordonnée pour un meilleur soutien psychologique. »
En Centrafrique « Il est temps de prioriser la santé mentale au travail », (thème retenu cette année) pour célébrer la Journée mondiale de la Santé Mentale n’est pas tombé dans les oreilles des sourds, il fait même partie des priorités pour les autorités politiques qui ont décidé de faire de tout le mois d’octobre, le mois de la Santé mentale… avec la bénédiction de la Cour pénale internationale et les participants nantis de leur certificat de participation.