
Système judiciaire et prise en charge des traumatismes psychologiques, le tableau est encore sombre et comment l’améliorer
Il est établi que la santé mentale est une composante indispensable et indissociable de la justice. L’accompagnement psychologique des victimes de crimes de guerre entre autres est déjà un défi difficile à relever, voilà que la prise en charge médicale dans le service de psychiatrie des détenus présentant des troubles mentaux font encore défaut dans le pays.
La Coordination du Programme National de Santé Mentale et de Lutte contre les Toxicomanies (MCSP), pilotée par Dr Caleb Grégoire Ketté est catégorique : Le problème de santé mentale et du soutien psychosocial est un problème de santé publique majeur.
La RCA dispose d’un personnel soignant en nombre insuffisant composé de : 1 Psychiatre et 3 Neurologues pour un total de plus de 500 médecins nationaux dans les établissements publics et privés, 1 spécialiste paramédical, « X » psychologues cliniciens dont zéro pour le service de Psychiatrie, aucun Educateur spécialisé ni de Psychothérapeute et pire tous ces professionnels de santé mentale travaillent seulement à Bangui.
Les participants à l’atelier de sensibilisation du système judiciaire et des institutions sur la nécessité de renforcer la prise en charge des traumatismes psychologiques organisé conjointement par la Cour pénale internationale, la Cour pénale spéciale et le Ministère de la Santé (11-12 octobre 2024) savent bien que les victimes des tristes événements qu’a connus le pays, sont encore en proie au traumatisme psychologie comme une tragédie silencieuse.
Le traumatisme a provoqué la détérioration de l’équilibre social ; les statistiques sont alarmantes concernant les personnes touchées par le traumatisme :
• 72744 cas de VBG ;
• 8431 cas de viol ;
• 5913 cas d’agression physique
• 4763 cas de violence
• 1076 cas d’agression sexuelle
• 488 cas de mariages forcés
• 4883 cas de déni de ressources ou de services.
L’un des premiers enjeux pour le ministre de la Santé, c’est de développer des stratégies facilitant la prise en charge des cas des traumatismes et de soulager les personnes affectées, ceci dans le cadre de la mise en place d’une politique favorable à la vulgarisation des bonnes pratiques en matière de santé mentale et de soutien psychosocial.